De loin, les DRM ressemblent au portique antivol qu'on trouve à l'entrée des librairies. Ils rassurent comme un bon vieux souvenir de ces temps où nous vivions uniquement dans un monde physique et concret. Les voleurs se faisaient alors arrêter par les vigiles à la sortie des magasins et on les conduisait au poste. C'est plus compliqué dans le monde virtuel. Ses multiples dimensions, ses portes dérobées, ses labyrinthes numériques rendent très utopique toute tentative de contrôle policier.
Qui plus est, les DRM, qui limitent le nombre de copies autorisées d'un fichier, voire sa durée de vie, ne protègent rien. N'importe quel amateur éclairé en informatique en vient à bout en moins de dix minutes. En revanche, ils imposent aux utilisateurs honnêtes des contraintes d'utilisation (plateforme, logiciels...) qu'on jugerait inacceptable dans n'importe quel autre secteur. Mais ils continuent d'apporter l'illusion rassurante d'une frontière tangible. En deçà, l'usage légal et contrôlé, au-delà, l'usage illicite, la délinquance... Quel prix est-on disposé à payer pour cette illusion ? Au final, le coût des DRM, dont la société Adobe détient le monopole, est tel qu'il fait perdre à l'acheteur le bénéfice de la baisse des coûts de production variables liés au support numérique...
L'industrie musicale a abandonné les DRM sur les fichiers mp3 en 2007 après plusieurs années de crise. En 2009, la vente de musique en téléchargement légal a génèré autant de chiffre d'affaire que la vente de CD. Quelle leçon faut-il en retenir ? Que les contraintes engendrées par les DRM ont largement favorisé le téléchargement illégal. Qu'une offre de qualité, accessible sur toutes les plateformes matérielles, présentée à un prix attractif reste le meilleur moyen d'ouvrir un nouveau marché...
Pas suffisant, me direz-vous ! Car tous les internautes ne sont pas des anges. Et puis une autre illusion a fait des dégâts profonds sur le web. C'est celle de la gratuité. Alors, comment protéger les auteurs sans léser les consommateurs ?
Chez Zebook.com, nous avons beaucoup travaillé à ces questions... Et nous avons développé deux solutions qui nous semblent liées :
- le marquage à la volée (watermarking) pour assurer la traçabilité des fichiers sur le web,
- le micro-paiement simple et sûr via le porte-monnaie électronique Monéo (en plus des moyens de paiement habituels).