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lundi 26 octobre 2009

Watermarking et protection des droits d'auteurs

Zebook.com a fait le choix du watermarking plutôt que des DRM pour protéger ses fichiers. Ce choix, c'est celui de l'incitation plutôt que celui de la coercition, de la dissuasion plutôt que de l'interdiction. C'est aussi celui qui s'est imposé aux industries de la musique et de la vidéo depuis 2007 et qui a permis au marché du téléchargement légal de décoller enfin...

Mais qu'est-ce que le watermarking, au juste ?

Les eBooks vendus sur Zebook.com sont générés au moment de chaque téléchargement. Cela permet d'y ajouter des informations "à la volée" et de personnaliser l'ouvrage téléchargé. Un "tatouage" numérique, visible sur certaines pages et invisible sur d'autres, est ainsi inséré dans le fichier, au cœur du code informatique. Que contient ce tatouage ? Un numéro de client et un numéro de transaction. Ces 2 informations sont liées par ailleurs, dans une base de données, à une adresse mail, validée par l'envoi d'un lien de téléchargement, ainsi qu'à une adresse IP qui permet d'identifier à la fois l'ordinateur d'où est partie la commande et son fournisseur d'accès à Internet.

Le but ? déterminer le propriétaire originel de tout fichier qui serait diffusé illégalement sur un réseau peer to peer, responsabiliser l'utilisateur, devenu propriétaire d'un fichier unique et personnel.

Le watermarking n'a pas la prétention d'offrir une sécurité absolue. Comme pour les DRM, un informaticien un peu doué en viendra à bout. Mais le procédé est assez sophistiqué pour rendre l'opération laborieuse et risquée. Surtout, l'intention est radicalement différente...

Le DRM nous projette dans un monde clos, borné par les noms d'Adobe, d'Amazon et de Sony... Il impose à chaque lecteur ses choix de matériels ou de logiciels. Il lui dicte sa conduite et lui impose une façon de voir... Il lui interdit de changer d'ordinateur trop souvent ou de stocker ses eBooks sur différents disques. Le DRM est un outil purement anti-commercial.

Le watermarking ne vise pas à "empêcher" le piratage (qui n'est pas né avec Internet, comme nous le rappelle si justement La Lettre sur le commerce de la librairie de Diderot, diffusée gratuitement sur zebook.com). Il cherche d'abord à rendre le téléchargement légal accessible à tous. Associé à une offre de qualité et à une politique de prix bas, il est aujourd'hui un des leviers les plus efficaces pour développer un marché du numérique ouvert et attractif.

mercredi 14 octobre 2009

Les DRM ne protègent rien

La protection des œuvres et des droits à l'heure du numérique est une préoccupation légitime des auteurs et des éditeurs. Que dirait-on d'un commerçant qui laisserait son magasin ouvert et sans surveillance, de jour comme de nuit ? Bien vite, ses fournisseurs n'accepteraient plus de le fournir, ni son banquier de le financer... Et quelles garanties peut-on offrir à l'auteur qui met à la disposition du public ce qu'il possède de plus précieux, sa création intellectuelle ? Comment lui promettre qu'elle ne sera ni volée ni manipulée ?

De loin, les DRM ressemblent au portique antivol qu'on trouve à l'entrée des librairies. Ils rassurent comme un bon vieux souvenir de ces temps où nous vivions uniquement dans un monde physique et concret. Les voleurs se faisaient alors arrêter par les vigiles à la sortie des magasins et on les conduisait au poste. C'est plus compliqué dans le monde virtuel. Ses multiples dimensions, ses portes dérobées, ses labyrinthes numériques rendent très utopique toute tentative de contrôle policier.

Qui plus est, les DRM, qui limitent  le nombre de copies autorisées d'un fichier, voire sa durée de vie, ne protègent rien. N'importe quel amateur éclairé en informatique en vient à bout en moins de dix minutes. En revanche, ils imposent aux utilisateurs honnêtes des contraintes d'utilisation (plateforme, logiciels...) qu'on jugerait inacceptable dans n'importe quel autre secteur. Mais ils continuent d'apporter l'illusion rassurante d'une frontière tangible. En deçà, l'usage légal et contrôlé, au-delà, l'usage illicite, la délinquance... Quel prix est-on disposé à payer pour cette illusion ? Au final, le coût des DRM, dont la société Adobe détient le monopole, est tel qu'il fait perdre à l'acheteur le bénéfice de la baisse des coûts de production variables liés au support numérique...

L'industrie musicale a abandonné les DRM sur les fichiers mp3 en 2007 après plusieurs années de crise. En 2009, la vente de musique en téléchargement légal a génèré autant de chiffre d'affaire que la vente de CD. Quelle leçon faut-il en retenir ? Que les contraintes engendrées par les DRM ont largement favorisé le téléchargement illégal. Qu'une offre de qualité, accessible sur toutes les plateformes matérielles, présentée à un prix attractif reste le meilleur moyen d'ouvrir un nouveau marché...

Pas suffisant, me direz-vous ! Car tous les internautes ne sont pas des anges. Et puis une autre illusion a fait des dégâts profonds sur le web. C'est celle de la gratuité. Alors, comment protéger les auteurs sans léser les consommateurs ?

Chez Zebook.com, nous avons beaucoup travaillé à ces questions... Et nous avons développé deux solutions qui nous semblent liées :
  • le marquage à la volée (watermarking) pour assurer la traçabilité des fichiers sur le web,
  • le micro-paiement simple et sûr via le porte-monnaie électronique Monéo (en plus des moyens de paiement habituels).
Mais c'est une autre histoire... Et nous y reviendrons dans un prochain post...